Ce qui est génial au festival d’Avignon, c’est que l’on peut enchaîner une série de pièces moyennes, voire pas terribles, et voir une pièce extraordinaire qui nous fait tout oublier. C’est ce qui arrive avec la guerre des émeus.
La guerre des émeus : résumé
En 1932, l’Australie souhaite développer les terres cultivables du centre du pays. Problème de taille, des émeus, sorte d’autruches, viennent saccager les terres cultivées. Le gouvernement décide de lancer une guerre contre cet ennemi d’une autre espèce. Tout parait absurde mais tout est vrai.
Une écriture d’une grande intelligence
Avec un sujet pareil, il serait facile et aisé de tomber dans le comique de situation sans donner aucune profondeur au texte. Ce n’est pas le pari qu’on fait Antoine Le Frère et Florent Oulkaïd. Ils ont décidé de livrer un texte intelligent et structuré. Les auteurs manient la satire à la perfection et donnent à cette histoire une profondeur percutante. Ils ne restent pas à la surface pour obtenir des rires faciles. Ils plongent dans les méandres de la rigidité humaine et des arcanes du pouvoir pour nous donner une lecture contemporaine de cette histoire d’avant-guerre. C’est du très grand art.
20 personnages, 2 comédiens
Antoine Le Frère et Florent Oulkaïd interprètent plusieurs personnages. Comme pour l’écriture, ils ne sont pas restés en surface. Chaque personnage a son identité propre avec une voix particulière, une démarche originale et un langage non verbal unique. C’est incroyable et bluffant de les voir évoluer entre tous ces personnages en le caractérisant à chaque fois. Peu de comédiens ont cette capacité de travail et de maitrise de leur corps. Encore une fois, on ressort incrédule de la salle en se demandant si autant de talent était réel.
Un véritable coup de cœur
Je ne vais pas vous mentir. Ce spectacle est un vrai coup de cœur. Rarement, je suis sorti d’une salle de spectacle aussi bouleversé par le talent comme il m’est arrivé avec cette pièce. Il n’y a rien à redire. Tout était parfait et évident. Ce qui montre le travail titanesque qui a été fait. Ça fait partie des indispensables à voir pendant le festival. Je ne suis pas à l’abri d’y retourner, juste pour retrouver cette sensation de plénitude que j’ai eue la première fois.
La guerre des émeus : fiche technique
Si ce n’est pas encore assez clair, courez voir cette pièce. N’oubliez pas de réserver car ils sont déjà presque complets. Rendez-vous tous les jours à 19 h 45 à la salle Tomasi sauf les jeudis.




