Avignon est universellement connue pour son pont, son festival de théâtre et la majesté de son Palais des Papes qui domine le Rhône. C’est une image de carte postale, dorée par le soleil de Provence, chantée dans les comptines pour enfants. Mais il existe une autre Avignon. Une cité de l’ombre, dont les pierres, si elles pouvaient parler, ne raconteraient pas des histoires de lavande et de cigales, mais des récits de sang, de poison et de trahison. Une histoire sombre d’Avignon.
Derrière la splendeur de la chrétienté médiévale se cachait souvent la noirceur de l’âme humaine. En tant que guide des Noctambules d’Avignon, j’arpente ces rues chaque nuit. Je sais que l’obscurité révèle des vérités que la lumière du jour s’efforce de cacher. L’histoire sombre d’Avignon est fascinante, effrayante parfois, mais toujours captivante. Elle attire ceux qui veulent voir au-delà du décor officiel.
Dans cet article, je vais lever le voile. Nous allons explorer les recoins les plus macabres du Palais, revisiter les légendes de fantômes qui hantent encore les vieilles familles avignonnaises, et comprendre pourquoi, au XIVe siècle, Avignon était considérée par certains comme l’antichambre de l’Enfer plutôt que celle du Paradis. Préparez-vous à frissonner, car l’Histoire n’est pas toujours sainte.
Avignon au XIVe siècle : La « Seconde Babylone »

Pour comprendre les légendes noires d’Avignon, il faut se replonger dans le contexte de l’époque. Quand les Papes s’installent ici, fuyant une Rome instable et dangereuse, ils transforment une petite bourgade provinciale en capitale du monde chrétien. Mais cette explosion démographique et financière a un prix.
Un cloaque de vices et de richesses
Le poète Pétrarque, qui a vécu à Avignon (et y a rencontré sa muse Laure), ne mâchait pas ses mots. Il qualifiait la Avignon des Papes de « Seconde Babylone », de « sentine de tous les vices ». Imaginez une ville surpeuplée, où l’or coule à flots, attirant des banquiers, artistes, mais aussi des mercenaires, des voleurs et aussi des courtisanes. La richesse ostentatoire de la Cour Pontificale côtoyait la misère la plus crasse. C’est dans ce terreau fertile, fait d’inégalités criantes et de luttes de pouvoir, que les légendes les plus sombres ont pris racine.
La peur permanente du poison…
À la cour du Pape, la mort pouvait survenir à chaque repas. L’histoire sombre d’Avignon est jalonnée de trépas suspects. On ne mourait pas toujours de vieillesse au Palais. La psychose du poison était telle que les Papes employaient des « goûteurs » et utilisaient des objets magiques, comme la « langue de serpent » (en réalité des dents de requin fossilisées), censés changer de couleur au contact d’un mets empoisonné.
…Et de l’assassinat
Cette paranoïa atteignait son paroxysme lors des banquets grandioses donnés dans le Grand Tinel, l’immense réfectoire du Palais. Imaginez des tables croulant sous les faisans et les brochets, mais un détail glaçant : il n’y avait qu’un seul couteau pour tout le service. Cet instrument précieux était enfermé sous clé dans une pièce d’orfèvrerie en forme de navire (le « Cadenas »), placée juste devant le Pape. Seul l’Écuyer Tranchant, un homme de confiance absolue, avait le droit de le saisir pour découper les viandes et les poissons. Pourquoi ? Pour éviter qu’un traître ne glisse une lame enduite de venin dans la chair du rôti. Chaque bouchée avalée par le Saint-Père était une victoire sur la mort.
La Peste Noire : Quand l’Apocalypse s’abat sur la ville
S’il est un événement qui a marqué la chair et l’âme d’Avignon, c’est bien la Grande Peste de 1348. Ce n’est pas une légende, mais une réalité historique qui dépasse en horreur toutes les fictions.
L’année maudite : 1348
En 1348, la Mort Noire arrive à Avignon, probablement par le port de Marseille. La propagation est foudroyante. Dans les rues étroites et insalubres de la ville médiévale, l’épidémie fait des ravages inimaginables. On estime que la moitié de la population avignonnaise a péri en quelques mois. Les chroniqueurs de l’époque décrivent des scènes d’apocalypse : des charrettes débordant de cadavres, des familles entières murées vivantes dans leurs maisons pour tenter d’endiguer la contagion, et une odeur de mort omniprésente qui flottait sur la vallée du Rhône.
Le Pape Clément VI entre deux feux
L’image la plus saisissante de cette période concerne le Pape Clément VI. Pour échapper au fléau, ses médecins lui ordonnent de s’isoler dans ses appartements privés au Palais des Papes, et d’allumer deux grands brasiers entretenus jour et nuit. Le Pape devait rester assis entre ces deux murs de feu, dans la chaleur étouffante de l’été provençal, pour « purifier l’air ». Imaginez ce souverain pontife, l’homme le plus puissant d’Occident, terré dans la pénombre, entouré de flammes, écoutant les râles de sa ville mourante à l’extérieur.
Le Rhône entre dans l’histoire sombre d’Avignon
Les cimetières de la ville furent saturés en quelques semaines. La situation devint si critique que Clément VI dut prendre une décision théologique et sanitaire sans précédent : il consacra le fleuve Rhône lui-même. Le fleuve devint ainsi une terre sainte mouvante, permettant d’y jeter les corps des victimes pour leur offrir une sépulture chrétienne. Des milliers de cadavres furent ainsi confiés aux eaux tumultueuses. On dit que les nuits de brouillard, près du Pont Saint-Bénézet, on peut encore sentir le frisson de ces âmes emportées par le courant. Venez écouter ces murmures durant la visite La Noctambule du Pape.
La Reine Jeanne : Souveraine… Meurtrière ?
Parmi les figures féminines qui hantent l’histoire sombre d’Avignon, la Reine Jeanne de Naples occupe une place de choix. Son histoire est un roman noir à elle seule, mêlant sexe, pouvoir et religion.
Une vente controversée
Jeanne était Comtesse de Provence et Reine de Naples. C’est elle qui, en 1348 (l’année de la Peste), vend la ville d’Avignon au Pape pour une somme dérisoire : 80 000 florins. La légende dit qu’elle n’en a jamais vu la couleur, le Pape ayant payé en « indulgences » (le pardon de ses péchés). Et des péchés, on disait qu’elle en avait beaucoup à se faire pardonner. Cette transaction a scellé le destin d’Avignon pour des siècles, en faisant une enclave pontificale au milieu du Royaume de France.
L’assassinat d’André de Hongrie
Pourquoi Jeanne avait-elle tant besoin de la protection du Pape ? Parce qu’elle était accusée d’avoir orchestré le meurtre de son premier mari, André de Hongrie. On raconte qu’il fut étranglé et pendu à la fenêtre de sa chambre. Jeanne s’est réfugiée à Avignon pour son procès, présidé par le Pape lui-même. Elle fut acquittée (probablement en échange de la ville), mais sa réputation de « Reine sanglante » et de manipulatrice ne l’a jamais quittée. Certains disent que son esprit, tourmenté et passionné, rôde encore dans les anciens hôtels particuliers où elle a séjourné.
L’histoire la plus sombre d’Avignon : le Massacre de la Glacière
Sautons quelques siècles. Si les Papes sont partis, le sang a continué de couler. L’un des épisodes les plus atroces de l’histoire d’Avignon se déroule pendant la Révolution Française, en octobre 1791. C’est le fameux « Massacre de la Glacière ».
Une prison devenue tombeau
Le Palais des Papes, déserté par les pontifes, servait alors de prison. Dans un contexte de guerre civile entre les partisans du rattachement à la France et les fidèles du Pape, la tension explosa. Après le lynchage d’un administrateur révolutionnaire, les représailles furent terribles. Une soixantaine de prisonniers politiques (hommes, femmes, et même prêtres) furent sommairement exécutés dans l’enceinte du Palais.
La Tour des Latrines
Ce qui rend l’histoire particulièrement macabre, c’est la méthode. Les corps, certains encore agonisants, furent jetés dans la « Tour des Latrines » (aussi appelée Tour de la Glacière). On raconte que pour couvrir les cris et l’odeur, on jeta de la chaux vive sur l’amas de corps. Cette tour existe toujours. Quand on visite le Palais aujourd’hui, il reste toujours une petite porte à sa base. Elle a été ouverte pour sortir les corps en décomposition. Cette histoire vous est contée durant la Noctambule entre Bourgeois et Chrétiens.
Sorcellerie, Alchimie et Sciences Occultes
Les Papes d’Avignon étaient des hommes de foi, mais aussi des hommes de leur temps, curieux et parfois superstitieux. La frontière entre science, religion et magie était alors très floue.
Jean XXII : Le Pape Alchimiste ?
Le Pape Jean XXII est une figure fascinante. On lui attribue une passion pour l’alchimie, cette science visant à transformer le plomb en or et à découvrir l’élixir de longue vie. Bien qu’il ait officiellement condamné la sorcellerie par une bulle papale, la rumeur prétend qu’il possédait un laboratoire secret au cœur de son palais épiscopal. On dit qu’il cherchait à accumuler des richesses immenses non seulement par les impôts, mais par la transmutation des métaux. A-t-il réussi ? Le trésor des Papes a mystérieusement disparu au fil des siècles, alimentant toutes les spéculations. Petit rappel : Jean XXII a vécu jusqu’à 90 ans…
Le procès des Templiers et la malédiction
Bien que la suppression de l’Ordre du Temple ait été initiée avant l’installation définitive des Papes à Avignon, l’ombre des Templiers plane sur la région. De nombreux Templiers furent interrogés et torturés dans les geôles du Comtat Venaissin. La fameuse malédiction de Jacques de Molay, grand maître de l’ordre, promettant le châtiment divin au Pape et au Roi, résonne particulièrement ici. La fin tragique et rapide de la dynastie capétienne et les troubles incessants de la papauté avignonnaise sont souvent lus, par les amateurs d’ésotérisme, comme la réalisation de cette prophétie.
Si vous aimez ces histoires mystérieuses, sachez que Villeneuve-lez-Avignon, juste en face, regorge aussi de secrets liés aux cardinaux et à leurs ordres religieux. Explorez les mystères de la Cité des Cardinaux à Villeneuve lez Avignon.
Le Palais est-il hanté ? Témoignages et Rumeurs
C’est la question que tout le monde pose lors de nos visites nocturnes. Un bâtiment vieux de 700 ans, qui a vu tant de pouvoir, de morts et de souffrances, peut-il être totalement « vide » ?
Les phénomènes inexpliqués
Au fil des décennies, gardiens de nuit, guides et visiteurs ont rapporté des phénomènes étranges. Des zones de froid soudain dans des pièces pourtant closes en plein été. Dans certaines salles, on peut entendre des bruits de pas lourds alors que le Palais est vide. Des ombres furtives aperçues du coin de l’œil dans le Cloître. Bien sûr, les esprits rationnels parleront de courants d’air et de jeux de lumière. Mais ceux qui ont passé une nuit seule dans le Palais ont souvent un discours plus nuancé au petit matin.
Le Cardinal de Luxembourg
Une légende tenace parle du fantôme du Cardinal Pierre de Luxembourg, un jeune prélat mort en odeur de sainteté mais dont l’âme serait restée attachée à la ville. D’autres parlent de soldats oubliés dans les oubliettes, dont les plaintes remonteraient parfois par les conduits d’aération. La nuit, le Palais semble respirer, se dilater. C’est une sensation physique que vous ne ressentirez pas lors d’une visite diurne avec un audioguide.
Au-delà du Palais : Les rues de l’histoire sombre d’Avignon
L’histoire sombre ne se cantonne pas aux murs du Palais. La ville elle-même regorge de lieux aux passés troubles.
L’histoire la plus sombre d’Avignon : le Massacre de la Glacière
Sautons quelques siècles. Si les Papes sont partis, le sang a continué de couler. L’un des épisodes les plus atroces de l’histoire d’Avignon se déroule pendant la Révolution Française, en octobre 1791. C’est le fameux « Massacre de la Glacière ».
Une prison devenue tombeau
Le Palais des Papes, déserté par les pontifes, servait alors de prison. Dans un contexte de guerre civile entre les partisans du rattachement à la France et les fidèles du Pape, la tension explosa. Après le lynchage d’un administrateur révolutionnaire, les représailles furent terribles. Une soixantaine de prisonniers politiques (hommes, femmes, et même prêtres) furent sommairement exécutés dans l’enceinte du Palais.
La Tour des Latrines
Ce qui rend l’histoire particulièrement macabre, c’est la méthode. Les corps, certains encore agonisants, furent jetés dans la « Tour des Latrines » (aussi appelée Tour de la Glacière). On raconte que pour couvrir les cris et l’odeur, on jeta de la chaux vive sur l’amas de corps. Cette tour existe toujours. Quand on visite le Palais aujourd’hui, il reste toujours une petite porte à sa base. Elle a été ouverte pour sortir les corps en décomposition. Cette histoire vous est contée durant la Noctambule entre Bourgeois et Chrétiens.
Sorcellerie, Alchimie et Sciences Occultes
Les Papes d’Avignon étaient des hommes de foi, mais aussi des hommes de leur temps, curieux et parfois superstitieux. La frontière entre science, religion et magie était alors très floue.
Jean XXII : Le Pape Alchimiste ?
Le Pape Jean XXII est une figure fascinante. On lui attribue une passion pour l’alchimie, cette science visant à transformer le plomb en or et à découvrir l’élixir de longue vie. Bien qu’il ait officiellement condamné la sorcellerie par une bulle papale, la rumeur prétend qu’il possédait un laboratoire secret au cœur de son palais épiscopal. On dit qu’il cherchait à accumuler des richesses immenses non seulement par les impôts, mais par la transmutation des métaux. A-t-il réussi ? Le trésor des Papes a mystérieusement disparu au fil des siècles, alimentant toutes les spéculations. Petit rappel : Jean XXII a vécu jusqu’à 90 ans…
Le procès des Templiers et la malédiction
Bien que la suppression de l’Ordre du Temple ait été initiée avant l’installation définitive des Papes à Avignon, l’ombre des Templiers plane sur la région. De nombreux Templiers furent interrogés et torturés dans les geôles du Comtat Venaissin. La fameuse malédiction de Jacques de Molay, grand maître de l’ordre, promettant le châtiment divin au Pape et au Roi, résonne particulièrement ici. La fin tragique et rapide de la dynastie capétienne et les troubles incessants de la papauté avignonnaise sont souvent lus, par les amateurs d’ésotérisme, comme la réalisation de cette prophétie.
Si vous aimez ces histoires mystérieuses, sachez que Villeneuve-lez-Avignon, juste en face, regorge aussi de secrets liés aux cardinaux et à leurs ordres religieux. Explorez les mystères de la Cité des Cardinaux à Villeneuve lez Avignon.
Le Palais est-il hanté ? Témoignages et Rumeurs
C’est la question que tout le monde pose lors de nos visites nocturnes. Un bâtiment vieux de 700 ans, qui a vu tant de pouvoir, de morts et de souffrances, peut-il être totalement « vide » ?
Les phénomènes inexpliqués
Au fil des décennies, gardiens de nuit, guides et visiteurs ont rapporté des phénomènes étranges. Des zones de froid soudain dans des pièces pourtant closes en plein été. Dans certaines salles, on peut entendre des bruits de pas lourds alors que le Palais est vide. Des ombres furtives aperçues du coin de l’œil dans le Cloître. Bien sûr, les esprits rationnels parleront de courants d’air et de jeux de lumière. Mais ceux qui ont passé une nuit seule dans le Palais ont souvent un discours plus nuancé au petit matin.
Le Cardinal de Luxembourg
Une légende tenace parle du fantôme du Cardinal Pierre de Luxembourg, un jeune prélat mort en odeur de sainteté mais dont l’âme serait restée attachée à la ville. D’autres parlent de soldats oubliés dans les oubliettes, dont les plaintes remonteraient parfois par les conduits d’aération. La nuit, le Palais semble respirer, se dilater. C’est une sensation physique que vous ne ressentirez pas lors d’une visite diurne avec un audioguide.
La rue des Teinturiers et ses eaux sombres
Aujourd’hui pittoresque, la rue des Teinturiers était le cœur industriel de la ville. Les conditions de travail y étaient dures, les maladies professionnelles fréquentes à cause des produits chimiques utilisés pour les teintures. La Sorgue, qui entraînait les roues à aubes, charriait aussi les déchets et parfois les corps. Le soir, quand les terrasses se vident, l’atmosphère redevient celle du labeur et de la sueur.
La place des Corps Saints
Un nom seul devrait vous mettre la puce à l’oreille. C’est ici que reposent les dépouilles de Pierre de Luxembourg et de Saint-Bénézet. C’est une place magnifique, très animée, mais elle est littéralement construite sur un cimetière. Manger ou boire un verre sur cette place, c’est célébrer la vie au-dessus de la mort, une tradition très avignonnaise finalement.
Pourquoi le « Dark Tourism » nous attire-t-il ?
Les histoires macabres nous fascinent.
Pourquoi nos visites « Noctambules » axées sur l’histoire sombre rencontrent-elles un tel succès ?
La catharsis par l’histoire
Se confronter aux horreurs du passé, c’est aussi un moyen de se sentir vivant. Écouter l’histoire de la Peste ou des massacres, confortablement installé dans le XXIe siècle, procure un frisson de sécurité. C’est aussi une manière de désacraliser l’Histoire avec un grand H. En montrant que les Papes étaient des hommes faillibles, cruels ou effrayés, on les rend plus humains, plus proches de nous.
Apprendre autrement
L’émotion est le meilleur vecteur de mémorisation. Vous oublierez probablement la date exacte de la construction de la Tour de la Garde-Robe. Mais vous n’oublierez jamais l’histoire du Pape enfermé entre ses brasiers pour fuir la Peste. L’approche par le conte, la légende et le mystère permet d’ancrer le savoir historique sans l’ennui académique. C’est notre philosophie : instruire par l’émotion et le récit.
Comment vivre l’expérience de L’histoire sombre d’Avignon ?
Vous êtes prêt à affronter les fantômes d’Avignon ? Voici comment organiser votre exploration.
Les visites nocturnes guidées
Il est difficile de percevoir toute cette dimension occulte seul. Sans un guide pour vous pointer le détail architectural ou vous raconter l’anecdote précise à l’endroit exact où elle s’est produite, vous passerez à côté de l’essentiel. Nos visites sont conçues comme des enquêtes. Nous partons des traces visibles pour remonter le fil de l’histoire invisible. Le soir, l’éclairage public crée des ombres portées qui dramatisent naturellement le récit.
L’histoire sombre d’Avignon : Quand les écrivains tremblent
La « Légende Noire » d’Avignon n’est pas une invention de guides touristiques modernes. Elle a été forgée par les plus grandes plumes de la littérature, horrifiées ou fascinées par ce qu’elles voyaient.
Pétrarque et l’Enfer des Vivants
Tout commence avec Pétrarque, l’immense poète italien du XIVe siècle. Bien qu’il ait rencontré sa muse Laure à Avignon, il vouait une haine féroce à la cour pontificale. Dans ses Lettres sine nomine, il ne mâche pas ses mots, décrivant Avignon comme la « Seconde Babylone », le « foyer de tous les vices » ou encore « l’égout de la terre ». Pour lui, le Palais n’était pas un lieu saint, mais une prison dorée où Dieu était absent. Ces écrits ont traversé les siècles, collant à la peau de la ville une réputation sulfureuse et impie.
Alexandre Dumas et les fantasmes de torture
Au XIXe siècle, le romantisme s’empare des lieux. Alexandre Dumas, l’auteur du Comte de Monte-Cristo, visite Avignon lors de ses Impressions de voyage. Le Palais, alors transformé en caserne et prison, lui inspire des visions d’horreur. Dans l’immense cheminée de la cuisine haute, là où l’on rôtissait des bœufs entiers pour les festins, Dumas croit voir tout autre chose. Son imagination s’emballe : il décrit « un four qui a pu servir à chauffer des ferrements de torture ». Il voit dans l’architecture militaire et austère non pas une protection, mais une menace, affirmant que « ses palais comme ses églises semblent autant de forteresses ».
Michelet et la gardienne des Enfers
L’historien Jules Michelet, lors de sa visite en 1844, ajoute une touche digne d’un film d’épouvante. Il raconte avoir été guidé dans les dédales du Palais par une « vieille aux yeux brillants et sinistres », qu’il décrit comme « deux charbons sur une omelette ». Cette figure quasi spectrale, née dans les murs (son père en était le concierge), semblait incarner la mémoire maudite du lieu, renforçant l’idée que le Palais gardait ses secrets jalousement.
Le respect des lieux
Explorer l’histoire sombre demande aussi du respect. Ces lieux ont vu de vraies souffrances. Quand nous racontons le massacre de la Glacière ou l’épidémie de peste, nous ne le faisons pas par voyeurisme, mais par devoir de mémoire. C’est une façon de ne pas oublier ceux qui ont fait l’histoire d’Avignon, souvent à leurs dépens.
Oserez-vous la visite ?
Avignon est une ville de lumière, c’est indéniable. Mais sa lumière est d’autant plus belle qu’elle projette des ombres profondes. Connaître les légendes, les scandales et les drames qui ont secoué la Cité des Papes, c’est comprendre l’âme véritable de cette ville unique au monde. C’est accepter que la beauté et l’horreur ont souvent marché main dans la main au cours des siècles.
Alors, la prochaine fois que vous traverserez la Place du Palais la nuit, ne regardez pas seulement la Vierge dorée au sommet de la Cathédrale. Baissez les yeux vers les pavés, regardez les coins d’ombre, et tendez l’oreille. Peut-être entendrez-vous le murmure d’un cardinal comploteur ou le pas pressé d’un alchimiste.
Si vous voulez vivre cette expérience en toute sécurité, guidé par un passionné qui sait faire parler le silence, je vous attends. Mais attention : après une visite avec les Noctambules, vous ne regarderez plus jamais Avignon de la même façon.
Prêt pour le grand frisson historique ? Vérifiez nos disponibilités et réservez votre place dans l’histoire.
Contactez-nous pour réserver votre Noctambule.
L’histoire n’attend que vous… dans le noir.




